Petite mise en garde, vous ne trouverez dans cet article ni référence scientifique ni citation tout droit sortie d’une thèse universitaire de 800 pages ou d’un ouvrage anglophone. Pas de latin ou de grec. Vous ne verrez pas non plus apparaître les noms de Richelieu, Bonaparte, Marie de Gournay… Je m’excuse donc d’avance pour les férus d’histoire. Avant d’écrire cet article, j’ai passé plusieurs heures à naviguer sur le web à la recherche d’informations sur la féminisation des noms de métiers et bien que le sujet soit intéressant, il est aussi très complexe et donne un peu mal au crâne. Pour vous restituer tout cela correctement et ne pas faire de raccourci comme je l’ai malheureusement vu dans beaucoup de sites, il me faudrait au moins 200 pages et un doctorat en lettres donc vous ne trouverez ici que le questionnement d’une anonyme et son ressenti sur le sujet.


Au moment de poser un mot sur ce que je suis, je dois avouer que j’ai un peu bloqué. J’ai d’abord passé de longues minutes à me demander quel terme serait le plus approprié : écrivain, auteur ou romancier ?

J’ai rayé écrivain, c’est très personnel, mais j’ai le sentiment de ne pas être légitime à utiliser ce nom, comme s’il désignait une catégorie particulière d’auteurs qui seraient reconnus par le public et leurs pairs… Je sais que c’est étrange, mais voilà, je ne peux pas.
Donc, il me reste romancier, mais cette fois le nom me paraît trop restreint par rapport à mes activités, en effet, si dans le passé il désignait des auteurs d’ouvrages en roman, en vieille langue française, aujourd’hui un romancier est un auteur de romans. Je n’écris pas uniquement des romans, mais également des nouvelles, de la poésie…
Je choisis donc finalement le mot auteur qui me semble le plus proche de ce que je suis et de mon idéologie. Ravie d’avoir enfin trouvé le bon terme je m’empresse de taper sur mon clavier les cinq lettres et là… c’est reparti.
J’ai vraiment eu le sentiment de devoir prendre position, que cette histoire de féminisation du nom n’était pas un simple choix de convenance, mais un parti pris important et ça m’a un peu mis la pression… J’ai eu le sentiment à cet instant que si je n’ajoutais pas ce “e” magique mes ancêtres de mai 1968 qui avaient protesté en faveur des droits des femmes seraient bien déçues.

Auteur ou auteure ?

Mon premier réflexe est de regarder sur le net ce qui est dit à propos des deux noms, mais au lieu de m’aider voilà que la liste s’allonge, il semblerait que autrice soit également utilisé alors que je n’en avais jamais entendu parler.

Auteur, auteure ou autrice ?

D’après ce que je lis, il semblerait que auteure ne soit pas correct, l’Académie française appelle ça un barbarisme, ainsi je me vois mal l’utiliser, d’autant plus qu’à l’oral on n’entend aucune différence avec le masculin… Le nom autrice serait plus juste, mais comme je vous le disais, je ne l’ai jamais entendu et je n’arrive pas à m’habituer à la consonance. De plus, je n’ai pas envie d’être obligée d’expliquer toute l’étymologie du nom pour me justifier à chaque fois que les gens me demanderont “Autrice, tu es sure que ça existe” ?

Si on prend le problème d’une vue plus globale, je me dis que ça ne m’a jamais dérangée d’appeler mon médecin “Docteur” même si c’est une femme et à l’inverse d’utiliser le nom “Sage femme” pour un homme. Je décide finalement de garder le mot auteur sans me faire influencer par ma petite voix intérieure féministe qui hurle au scandale. Je comprends et respecte les arguments des personnes qui prônent l’utilisation d’autrice. Bien sûr l’égalité des droits et la parité sont des thèmes qui me touchent particulièrement, mais je ne vois pas dans mon choix un rejet de mes convictions.

Chacun son combat et le mien ne sera pas celui-ci. Aujourd’hui, je peux dire que je suis auteur et féministe. Je ne dis pas que je ne changerai pas un jour d’avis sur le sujet et si c’est le cas, je n’hésiterai pas à écrire un article en vous détaillant pourquoi.

Et vous ? êtes-vous plutôt auteur, écrivaine, romancier, auteure, romancière, autrice ou écrivain ?

3 thoughts on “Auteur, auteure, autrice : la féminisation des noms de métiers”

  1. En ce qui me concerne, je préfère utiliser autrice, mais si je comprends qu’on puisse préférer garder auteure, voire auteur. Déjà, j’aime la sonorité du mot, et puis c’est une espèce de troll personnel à l’adresse de ceux qui pensent que l’imaginaire n’intéresse que les hommes^^

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