On me demande souvent si j’écris tous les jours ? Combien de temps ? Combien de mots ? Tous les jours, tous les jours ou juste la semaine ? Et le week-end ? Tu écris aussi pendant les vacances ?

Alors pour répondre à toutes ces questions, je pense qu’il faut déja comprendre mon fonctionnement ou plutôt le fonctionnement de mon cerveau. Et pour ça, je n’ai rien trouvé de mieux que de vous retracer l’une de nos petites conversations, car oui je parle avec mon cerveau… Nous sommes plusieurs dans ma tête🤔.

Mardi 19 septembre 18:00

-Viiiiiiiiiiiite viiite, j’ai un créneau de 45 minutes pour écrire.  J’ai terminé le travail à 18h à 18h45 j’ai boxe pendant 3h, il sera donc 22h quand je vais rentrer et je n’aurais très certainement ni le temps ni le courage d’écrire avant de me coucher. C’est parti, je m’y mets.

– C’est mort.

– Pardon ?

– Tu n’as pas compris la première fois.  Je te le redis : C’EST MORT ! Ça y est, tu m’accordes enfin du temps et tu penses que je vais être là, prêt à attendre tes ordres au garde-à-vous et à bondir à tes moindres désirs ?

– Non, mais … Je suis désolée, je n’ai pas eu beaucoup de temps à t’accorder en ce moment. Allez fais un petit effort, il ne me reste plus que 38 minutes pour écrire mes 500 mots.

-Tu m’as fait bosser toute la journée sur tes dossiers de presse, tes présentations, je n’en peux plus ! J’ai un cœur moi et des sentiments, je ne suis pas une machine.

– Sil-te plaît, ne fais pas ta tête de cochon, juste quelques petits mots… Je suis au bout du rouleau, je suis vraiment en retard sur mon planning,au point où j’en suis, j’en prendrai même que 10.

– Pain. Rouge. Téléphone. Clavier. Calendrier. Avoir. Moelleux. Sucré. Inlassablement. Cannes.

– …. super, je suis morte de rire.

– C’est non pour aujourd’hui ! Et ne me fais pas le coup de rester le regard fixé devant l’écran d’ordinateur pour me faire céder sinon je te préviens je me mets en grève ! J’en suis capable, tu le connais le syndrome de la page blanche ? Je peux le faire durer des semaines voire des mois si tu me forces !

– Ok, je capitule.

 

Mardi 19 septembre 22:30

– Il y a quelqu’un ?

– La ferme, j’essaie de m’endormir.

– Ah ok, je pensais juste par rapport aux flyers que tu dois éditer, ce serait mieux d’utiliser du papier recyclé, pour être en adéquation avec l’image de l’entreprise et puis tout ça.

– Très bien, rappelle moi le demain, car là je dors !

– Et le grammage des affiches, il faut le descendre, 300g c’est trop lourd pour des affiches qui seront collées sur des murs.

– JE DORS !

– Je dis ça juste parce que…

– Je te préviens moi aussi je sais faire des menaces ! Si tu ne me fiches pas la paix immédiatement, je vais me mettre devant la télévision et regarder de la téléréalité toute la nuit jusqu’à ce que tu disparaisses et deviennes de la bouillie !

– …

 

Mercredi 20 septembre 02:35

– J’y suis peut-être allé un peu fort tout à l’heure au sujet de la grève et tout ça, mais j’ai une super idée pour ton roman.

– Je dors toujours !

– Ok…OK, mais écoute mon idée. Ton héroïne se rend compte après des mois de luttes acharnées que ceux pour quoi elle se bat, sa mère, sa soeur n’est pas vraiment sa famille, car elle a été adoptée et…

– Garde là pour demain cette super idée, je suis crevée, j’ai une réunion importante demain matin, je ne peux pas me permettre de venir avec des cernes.

– Très bien, je ne dis plus rien… Après tout cette idée génialissime sera peut-être présente à ton réveil ou peut-être pas. Et puis, si elle se perd dans les méandres de la nuit, tant pis pour la chouette fin prévue pour le roman tu n’aurais qu’à inventer un piètre scénario sans rebondissement.

– Tu as gagné, je me lève !

Mon conjoint : À qui tu parles ?

– À mon cerveau, mais ce n’est rien,  rendors-toi.


Plus sérieusement, je ne pense pas qu’il y ait une bonne façon d’écrire. Chaque auteur a sa façon de faire en fonction de son cerveau et de sa créativité, car vous avez vu que c’était important, mais aussi en fonction de ses horaires et autres responsabilités. Amelie Nothomb par exemple, se lève très tôt le matin entre 4h et 4h15 précise pour écrire alors que Anna Gavalda déclare s’y mettre « quand les enfants sont couchés » et s’arrête en général à 3 h du matin.

Quand est-ce que j’écris ?

J’ai le sentiment que la majorité des auteurs sont des oiseaux de nuit, mais ce n’est pas mon cas, je suis incapable d’écrire quoi que ce soit après 21h, j’ai le cerveau HS. Pire que ça, si je n’ai pas mes 7h de sommeil, je ne suis bonne à rien. Je me lève donc chaque matin 1h30 avant mon réveil habituel afin d’avoir un créneau convenable pour écrire et cela tous les jours, même le week-end.

Combien de mots ?

Je me sens très lente par rapport à certains auteurs, car je me fixe un objectif de seulement 500 mots journaliers et parfois, j’ai beaucoup de mal à tenir cet objectif dans le temps imparti. 1h30 c’est court finalement, car il me faut bien 30 minutes pour me replonger dans le roman et je ne peux pas m’empêcher de relire et corriger ce que j’ai déjà écrit précédemment. Donc de mon côté, l’écriture d’un roman c’est plus un marathon qu’un sprint.

Est-ce que j’écris tous les jours ?

Lorsque je suis sur un premier jet de roman, j’écris tous les jours en tout cas j’essaie. Pour moi la régularité est importante, sans cela, j’ai beaucoup de mal à terminer un projet. La phase d’écriture dure ainsi 3 à 4 mois. Le reste de l’année, je me contente d’écrire au gré de mes envies et surtout de corriger ce qui a été écrit.

 

 

5 thoughts on “Quand écrire ? Combien de temps ?”

  1. Haha, j’ai adoré le dialogue entre toi et ton cerveau (ou l’inspiration ?). C’est tout à fait ça…
    Bon, moi c’est le soir que j’écris et en temps normal je me fixe à peu près 250 mots par jour, 500 voire 700 quand je suis en grosse phase d’écriture. Et 1667 en novembre pour le nanowrimo (heureusement ce n’est qu’un mois !).

  2. En période d’écriture intense (plutôt sur le premier jet, donc), je suis aussi du genre à me lever très tôt pour écrire (4 ou 5 heures du matin). C’est le meilleur moment, quand il n’y a personne d’autre dans la maison, que le silence est complet et que le cerveau est encore tout frais. Et j’arrive plus facilement à me plonger dans mon travail si je sais que je dispose de trois ou quatre heures devant moi. Evidemment, c’est plus facile en période de vacances.
    Quand je suis dans les phases de relecture, correction, peaufinage, c’est différent : je peux m’y mettre un peu n’importe quand et même si je n’ai qu’un créneau horaire limité.

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