J’ai choisi en tout état d’âme ce titre un peu provocateur et alors que je n’ai même pas débuté l’écriture de cet article, j’entends déjà les contestataires crier au scandale : “comment peut-elle remercier l’éducation nationale ?” “Les professeurs ne sont jamais contents”, “ils ont 15 semaines de congés, ce sont des feignants”, “l’éducation va mal”… 

 


 

Bien que je ne sois pas d’accord avec ces AFFIRMATIONS, je n’ai pas envie d’en DÉBATTRE dans cet article, je garde cela pour plus tard ne vous INQUIÉTEZ pas !  Si je vous écris aujourd’hui, ce n’est donc en aucun cas pour faire L’APOLOGIE de l’éducation nationale mais tout simplement pour remercier les professeurs, qui un jour, ont croisé mon chemin et m’ont donné l’envie de lire et d’écrire. En effet, je ne sais pas si c’est une question de génération, de culture ou d’éducation mais quand quelque chose va mal, on a une facilité à pointer du doigt, mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien… les remerciements se font attendre et parfois même, ils n’arrivent jamais.
Si j’ai commencé à écrire, c’est avant tout parce que j’aime lire. Ça peut paraître simplet dit comme ça, pourtant toutes les questions de l’accès à la culture, de l’apprentissage de la lecture ou de l’éducation en générale sont des questions complexes qui sont toujours d’actualité.

Donc, je disais que j’aime lire. Ce goût pour la lecture n’est pas inné, je ne me suis pas réveillée un beau matin avec l’envie de dévorer tous les ouvrages de la bibliothèque. Non, ce goût, je l’ai acquis peu à peu au fil du temps et de mes rencontres. Et s’il y a des personnes en particulier, autre que mes parents bien sûr, que je dois remercier pour m’avoir ouvert la voie de la lecture et de la littérature, ce sont mes professeurs.

Je vais sauter la partie sur l’école primaire, car à cette époque les cours de Français se résumaient uniquement à recopier des lignes d’écriture et à l’apprentissage de la conjugaison, de la grammaire (cailloux, hiboux, genoux…). Étant donné que j’avais  j’ai une écriture de cochon et que je n’étais pas la reine de l’orthographe autant vous dire que le français et moi, on était pas trop copain à cette période.

Heureusement, au collège, les cours se sont diversifiés et on a commencé à étudier la littérature et à écrire des commentaires et des dissertations. J’ai peu à peu découvert une autre facette des cours de Français, cette fois-ci, ils ne se limitent plus à un apprentissage de type “par cœur” et aux dictées, il y a autre chose. C’est ainsi, en classe de cinquième que je rencontre l’un des professeurs de Français qui a contribué à ma créativité débordante. Je suis persuadée que c’est un peu grâce à elle, si aujourd’hui, des idées si farfelues sortent de mon esprit sans aucun effort.

Pourquoi cela, me direz-vous ?

Tous droits réservés. http://matthiasvogel.tk/

Tout a commencé quand mon voisin de classe Jimmy a décidé de se servir de sa gomme comme des munitions pour ravitailler son stylo vide qu’il avait aménagé en sarbacane. Ce qui devait arriver, arriva, notre professeur donna une punition à Jimmy, mais celle-ci était différente de ce que l’on avait l’habitude d’avoir en cours. Et par d’habitude j’entends, aller bêtement en colle en regardant la pendule pendant une heure immobile sur une chaise ou recopier chez soi des lignes et des lignes d’écriture jusqu’à en avoir mal au poignet tout ça pour qu’au final le tout soit jeté à la poubelle sous vos yeux. Non, cette fois le professeur lui a demandé de rédiger une rédaction un peu spéciale. J’étais verte de jalousie, les dissertations, moi j’adore ça ! Mon camarade a tout de suite senti mon amour pour l’écriture et nous convenons d’un accord. Je rédigeais sa rédaction et en échange il me ramenait un paquet de têtes brûlées. Jimmy était le fils du boulanger, alors des bonbons il en avait plein et ça c’était cool. Je me retrouvais donc avec de l’écriture et des friandises gratuites : le deal parfait. Encore aujourd’hui, je n’ai pas trouvé de meilleur compromis.

Et pourquoi étaient-elles si spéciales ces dissertations et en quoi m’ont-elles forcée à être créative ?

Je ne me souviens plus de tous les sujets, car il y en avait des centaines mais je vous en laisse trois pour que vous puissiez comprendre.

Sujet 1 : Une pomme tombe d’un arbre.

Sujet 2 : Une poule pond un œuf.

Sujet 3 : Une vache voit passer un train.

Vache voit passer un train
Tous droits réservés : Aux 2 Vaches http://www.aux2vaches.com

Ce sujet-là, c’est mon préféré ! Bon c’est surtout parce que nous étions cinq à devoir rédiger ce même devoir et qu’il y a un petit malin qui s’est amusé à écrire Mhhhhhhheuuuuuu sur la copie double… c’était quand même bien trouvé.

Voilà, une copie double à écrire sur une poule qui pond un œuf ou une pomme qui tombe d’un arbre, ça forge obligatoirement l’imagination… et dire qu’aujourd’hui j’ose me plaindre quand je bloque sur une description de dix lignes.

La supercherie a fonctionné pendant plusieurs mois et Jimmy était turbulent donc j’ai dû écrire une bonne vingtaine de textes 🙂 .

Pour ce qui est de la lecture, il faut remercier les personnes que je ne connais pas, donc on va juste les nommer ainsi à l’initiative de l’organisation du concours de lecture du collège. Grâce à ce concours, j’ai mis les pieds pour la première fois dans le CDI (centre de documentation et d’information) de l’école. C’est bien connu, il n’y a que les intellos qui vont à la bibliothèque et je n’ai aucune envie d’être catégorisé ainsi, mais cette fois-ci personne ne dit rien lorsque je me rends dans la salle pour emprunter des livres, c’est dans le cadre d’un concours, pour gagner quelque chose alors mes camarades me fichent la paix.

Tous droits réservés. Collège Henri Matisse

Au départ, j’ai beaucoup de mal à terminer le premier ouvrage, je lis lentement, alors que certains de mes amis dévorent les livres. Ils sont aussi rapides que l’éclair et moi ça me met les poils en hérisson  si vous ne connaissez pas l’expression, je vous conseille de cliquer ici ! Je me force alors à lire plus et plus rapidement et puis vient le cap où je ne fais plus seulement ça pour gagner bien que j’aime gagner  mais pour le simple plaisir de lire. Pour faire le bilan de cette opération, j’ai gagné un bon d’achat Fnac de 20 euros en terminant troisième, VICTOIRE ( Je vous interdis de rire, gagner un concours de lecture pour moi à l’époque c’était un peu comme remporter les JO…) mais j’ai surtout acquis une facilité de lecture qui me permet désormais de lire avec plaisir.

Vient ensuite le Lycée avec ses fameux cours de littérature. Je dois avouer que l’obligation de lire certains romans comme Madame Bovary de Gustave Flaubert et Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos m’ont presque dégoûtée de la lecture… mais heureusement j’ai rencontré un autre super professeur qui a ouvert mes horizons littéraires. Grâce à elle, j’ai découvert de nombreux auteurs, dont deux que j’apprécie aujourd’hui tout particulièrement : Amélie Nothomb et Marguerite Duras.

Pour conclure, je dirais qu’il est très difficile de remercier toutes les personnes qui ont croisé ma route et ont contribué à ce que je suis aujourd’hui, donc je me contenterai d’un grand merci à tous ! Merci de m’avoir donné l’envie de lire et d’écrire, merci de m’avoir ouvert à l’art et à la culture. 

3 commentaires sur “Pourquoi j’aime lire et écrire – Merci l’éducation nationale”

  1. personnellement j’adore écrire depuis petite mais petite je n’adorais pas lire et ce ne sont pas du tout les livres qui m’ont donné envie d’écrire c’était souvent que des livres classiques imposés au lycée que je n’aimais pas qu’on me faisait lire, après peut-être ça a changé avec la nouvelle génération mais moi je n’ai pas eu beaucoup de diversité de choix de livres à l’école et l’école ne m’a pas du tout fait aimer lire! Après j’ai aimé le français aimant écrire mais je n’aimais pas les livres proposés et c’est que depuis 2017 que je me suis remise à lire et que j’ai enfin trouvé mes genres de livres que j’aimais

  2. par contre j’ai adoré l’initiative au collège en 5ème d’écrire des contes de chevalerie en groupe en classe, j’ai adoré ça, nos écrits ont été publiés en livre et c’est à cette époque que durant les heures de permanence où il fallait faire nos devoirs, que je finissais vite mes devoirs pour écrire une nouvelle personnelle que j’ai écrite pour moi et pas pour l’école ^^ il y a une dissertation au collège en 3ème il me semble sur écrire nos peurs que j’avais adoré et dont j’ai écrit une sur la peur du noir

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